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Accueil › Inventaire des manufactures › Niderviller
« Au pied des Vosges du Nord, on a vu naître au XVIIIᵉ siècle une faïence blanche que les amateurs ont vite tenue pour la rivale française des plus beaux décors strasbourgeois. »
— Catalogue PLAB Grand Est, 2018.
Cette appréciation, recopiée presque inchangée d'un commentateur à l'autre depuis le XIXᵉ siècle, désigne la Manufacture de Niderviller, faïencerie installée dans le village mosellan du même nom, en lisière du parc naturel régional des Vosges du Nord. Fondée en 1735 par Jean-Louis Beyerlé, baron et directeur de la Monnaie de Strasbourg, elle est l'une des trois grandes faïenceries lorraines du XVIIIᵉ siècle, avec Lunéville et Saint-Clément[1].
Reprise en 1770 par Adam-Philippe de Custine, comte et général qui finira guillotiné sous la Terreur, elle s'oriente alors vers la faïence fine et la sculpture en biscuit— une pâte de porcelaine non émaillée, mate, à laquelle la maison doit sa réputation tardive. Elle est aujourd'hui l'une des quatorze manufactures fondatrices du collectif Lorraine Terre de Luxe, constitué à Lunéville en 2011.
La manufacture est fondée en 1735 par Jean-Louis Beyerlé, baron et directeur de la Monnaie de Strasbourg, qui obtient des autorités locales le droit d'établir une faïencerie sur le sol de Niderviller. Le contexte est favorable : la région dispose des matières premières nécessaires, de la main-d'œuvre formée par les ateliers strasbourgeois voisins, et d'un marché en pleine expansion pour la faïence fine.
Vers 1770, la manufacture est reprise par Adam-Philippe, comte de Custine, qui l'oriente vers une production plus ambitieuse. Sous sa direction, la faïencerie développe notamment une production de sculptures en biscuit non émaillé, dans la lignée des goûts néoclassiques de la fin du XVIIIᵉ siècle, ainsi que des pièces dites de trompe-l'œil, où la faïence imite avec une grande précision les fruits, les légumes et les objets de la table.
La Révolution française, et particulièrement la condamnation et l'exécution d'Adam-Philippe de Custine en 1793, perturbent profondément l'activité de la manufacture. Au cours du XIXᵉ siècle, elle change plusieurs fois de propriétaire, mais conserve une activité continue de production de faïence d'usage et de pièces décoratives.
Au XXᵉ siècle, Niderviller poursuit son activité de faïencerie et alimente le marché des arts de la table. Elle figure parmi les manufactures réunies dès 2006 dans le groupe Terre d'Est, avec Lunéville Saint-Clément et Portieux, avant de rejoindre le collectif élargi Lorraine Terre de Luxe en 2011.
La maison s'est spécialisée dans la faïence fine de grand feu, obtenue par cuisson de l'argile à haute température puis recouverte d'un émail stannifère opaque blanc, peint et recuit. Deux veines de production coexistent historiquement :
La Manufacture de Niderviller est l'une des quatorze maisons fondatrices de Lorraine Terre de Luxe. Pour l'exposition « Douze designers pour douze manufactures » du Centre Pompidou-Metz, en décembre 2012, Niderviller et Lunéville Saint-Clément ont été jumelées au projet de Louis Albert de Broglie, fondateur du Conservatoire national de la Tomate, qui a livré un travail d'inspiration poétique et naturaliste autour de fragments de faïence blanche.
